Un flux RSS pour ce blog… chouette, mais pourquoi ?
07/07/2026 | Catégories : Actualités du site & Informatique
Ce blog n’est vraiment pas un blog très actif. En plus de deux ans d’existence, seulement deux « vrais » articles, c’est peu ! Mais comme l’écrivait un poète dément, « That is not dead, which can eternal lie »… eh bien, ce blog n’est pas mort !
J'ai toute une série de mauvaises excuses, et une bonne qui n’a enfin plus lieu d’être. Je voulais absolument, avant d’ajouter trop de contenu, proposer un flux RSS, mais comme je tape tout ce site sans utiliser aucun SGC (c’est pour ça qu’il est moche), même pas Hugo qui a pourtant vraiment l’air sympa, il a fallu que je trouve une solution ; la lecture, il y a quelques jours, d’un article du blog de Libb m’a donné la motivation pour m’y replonger… et voilà, si un jour ce blog devient suffisamment intéressant pour être suivi par quelqu’un·e, iel pourra le faire en RSS. Et la solution était finalement assez simple.
Mais, au fait, pourquoi ?
On pourrait quand même légitimement se demander pourquoi. Pourquoi utiliser encore, en 2026, ce format sorti en 1999, dont la dernière version importante est sortie en 2002, et la dernière version tout court en 2009. À l’heure des réseaux sociaux et des newsletters il y a bien des moyens plus modernes de rester connecté·e à un site qu’on apprécie.
Bon, c’est un peu toujours la même histoire avec moi : si quelque chose n’est pas cassé, faut pas le changer. Je crois très fort à la puissance, l’importance et l’avenir de ce que Terry Godier appelle l’« internet ennuyeux », c'est-à-dire l’ensemble des protocoles dont personne n’a entendu parler à part quelques geeks, qui n’intéressent personne, qui sont loin d’être parfaits, qui ont même des grosses limitations, mais qui portent malgré tout toute l’infrastructure du web parce qu’ils sont complètement ouverts et libres1. Comme ces protocoles sont ouverts et un peu mal fichus, des entreprises se sont greffées dessus comme des sangsues et nous vendent une facilité d’utilisation trompeuse, en nous enfermant au passage dans leur écosystème propre. Elles ne créent rien d’essentiel, elles font juste du rebranding mâtiné d’un peu d’ergonomie. Gmail par exemple n’a rien inventé, et utilise des technologies (POP, IMAP, SMTP, HTTP, …) dont la création précède la fondation même de Google, et ramasse tout le fric en revendant nos données personnelles. C’est un parasite. Et un parasite agressif, qui a tellement affaibli les protocoles sous-jacents qu’aujourd’hui il est virtuellement impossible de se passer d’une grosse société pour envoyer des courriels2.
Utiliser le RSS en 2026 pour s’abonner à des sites, c’est donc pour moi un acte de résistance contre un web accaparé par la Silicon Valley. Un peu comme quand je vais chercher mes patates dans la ferme d’à côté plutôt que dans un hypermarché, je coupe les intermédiaires, ce qui est finalement moins cher et meilleur, mais demande un peu plus d’efforts. Cependant, dans le cas particulier du RSS, la chose est aussi tout simplement plus efficace et agréable : ça ne demande même pas plus d’efforts ! Sur les réseaux sociaux, même ceux comme Mastodon ou Lemmy/Piefed qui n’ont pas d’algorithme, ce que je vois dépend de ce que d’autres veulent mettre en avant, ce que d’autres que moi discutent. Quant aux newsletters, c’est un problème plus personnel, mais j’ai déjà assez de mal à garder mes boîtes courriel en ordre pour ne pas ajouter tout ce que je lis (et tous les sites n’en proposent pas). Non, mon lecteur de flux RSS (j’utilise essentiellement Capy Reader, mais il y en a plein d’autres) me propose chaque jour des choses que moi j’ai choisies (quand quelque chose ne m’intéresse pas, j’ai juste à marquer comme lu et il disparait) au moment où je l’ai choisi. Les réseaux sociaux ont toujours leur utilité, celle de découvrir de nouveaux sites, de nouveaux articles et d’en discuter. Mais pour suivre un·e créateur·rice, il n’y a rien de mieux que le RSS.
Alors forcément, vu mon usage extensif du RSS, je vivais un peu mal de ne pas en proposer. Et maintenant que je le fais, j’ai une excuse de moins pour ne pas publier ce que je voulais écrire à propos d’emacs (que j’utilise à présent pour créer mes PDF avec groff et, depuis cet article, ce site), de machines à écrire (ma grande passion depuis quelques années, dont je n’ai je crois absolument pas parlé sur ce site), ou de mes dernières lectures. Pour vous abonner à mon flux RSS, il suffit d’utiliser ce fichier.
1 : J’ai aussi lu récemment un article sur l’histoire du Markdown, et c’est le même processus : un système très imparfait (l’article minimise quand même pas mal les défauts du Markdown) qui a été publié librement par des passionnés et qui est aujourd’hui utilisé partout. ⬏
2 : En tout cas, de manière fiable ; on peut tout à fait auto-héberger ses courriels, c’est juste que si Gmail décide que votre adresse n’est pas fiable, vous êtes coupé·e de la plupart correspondant·es potentiel·les. Si vous voulez malgré tout essayer, il y a un bon tutoriel (en anglais) : The ISPmail guide. C’est aussi bien entendu possible d’utiliser un « petit » fournisseur de courriel, mais c’est quand même un risque quand je vois que mon adresse professionnelle, pourtant gérée par Microsoft, connait pas mal de ratés. ⬏