Le blog d’Emmanuel Wald

Un blog qui parle bouquins, spiritualité, écologie, geekeries, mais surtout bouquins.

Avertissement : Cette page est un brouillon qui mérite quelques relectures et un travail d’accessibilité. Dernière modification : 24/08/2026.

Le toki pona (toki pona)

toki tawa ale a. mi jan [ma anu:]. mi kama sona e toki pona tan tenpo lili.

Si tout s’est bien passé d’un point de vue technique(1), au-dessus de cette phrase ont dû s’afficher de bien drôles de symboles. Il s’agit de « sitelen pona » (sitelen pona), l’étrange écriture idéographique principale d’une tout aussi étrange langue, le toki pona (toki pona), une langue que j’ai décidé d’apprendre cet été.

Le toki pona, c’est quoi ?

Si vous êtes un·e geek des langues, vous n’avez pas pu passer à côté de cette langue construite, initiée en 2001 par une linguiste canadienne, Sonja « Amatullah » Lang. Si vous ne l’êtes pas, vous n’en avez probablement jamais entendu parler. Dans les cercles espérantistes, et notamment sur les réseaux sociaux occupés par la frange la plus jeune et la plus geek de la communauté, le toki pona est régulièrement célébré comme un des projets de langue construite les plus cools (ou en tous cas, elle l’était quand j’étais un peu plus actif dans le milieu espérantiste). C’est d’ailleurs la deuxième langue construite la plus utilisée aujourd’hui, loin derrière l’espéranto mais loin devant les autres, et peut-être la seule, avec l’espéranto encore, à être devenue une langue vivante (mais je n’en suis pas sûr, j’en saurai plus quand je l’utiliserai).

Le toki pona, dans la grande tradition des langues construites, appartient à la catégorie des langues philosophiques. À la différence de l’espéranto, projet politique destiné à rapprocher les êtres humains au-delà des frontières linguistiques, ou du klingon, création artistique venue enrichir l’univers de Star Trek, le toki pona est né de la rencontre entre une polyglotte et le taoïsme(2). À une période difficile de sa vie, Sonja Lang a imaginé une langue minimaliste pour alléger ses pensées, appliquant d’une manière originale et personnelle la philosophie taoïste. Elle en a ensuite mis le résultat en ligne : le toki pona était né. Son objectif est donc bien philosophique : mieux comprendre le monde qui nous entoure en en déconstruisant la complexité apparente(3).

Le principe du toki pona est simple : less is more. Le toki pona est un outil pour simplifier, il doit donc lui-même être le plus simple possible. Il y a très peu de sons différents (14, le français en compte à peu près 36), très peu de règles grammaticales (une poignée) et surtout, très peu de mots (un peu moins de 140 aujourd’hui(4), il y en a 90 000 dans le Robert, dont 35 000 sont considérés comme courants).

140 mots pour communiquer, ça semble une gageure… et par bien des côtés ça l’est. En vrai, il faut ajouter à ces mots des centaines de noms propres (pays, langues, villes, …)(5), mais malgré ça, le vocabulaire reste extrêmement limité. Les moins de 140 mots ont donc chacun un sens vague pour essayer de capter malgré tout la diversité de l’existant : par exemple, le mot supa supa peut servir pour toute surface plane horizontale sur laquelle on pose des choses (ou des gens) : table, lit, bureau, sofa, tablette, comptoir, …, mais il peut aussi être utilisé comme verbe (« transformer en surface plane »), comme adjectif (« plan »), … c’est vaste ! Une telle langue est donc plus facile à apprendre, mais plus difficile à maîtriser.

Un aperçu de la grammaire

Commençons par étudier un peu la grammaire. Comme je le disais, je suis encore débutant, j’écris donc peut-être des âneries, n’hésitez donc pas à vérifier ce que je dis là (et à me le dire si ce que j’écris est faux, o pona e mi). De plus, je ne suis pas linguiste du tout, il se peut donc tout à fait que j’utilise des catégories linguistiques de travers. J’invente aussi des mots (j’ai rédigé le début de cette page en apprenant le toki pona, et j’aime bien quand j’apprends une langue définir les chose à ma façon) en n’utilisant sans doute pas de vrais mots qui existent. Cette page n’a aucune prétention à une quelconque scientificté : ce sont juste des notes personnelles mises en ligne. À lire avec distance critique !

Sources

Cet aperçu est tiré de mes notes de cours. Les deux principales sources sont donc :

Mais j’ai vérifié et complété ce que j’avais noté avec deux ressources :

Évidemment, toute erreur qui subsiste est de mon fait et ne saurait être reproché à ces sources !

Syntaxe

Syntaxe de la phrase

Les mots du toki pona sont absolument invariables. Pas de conjugaison, pas de déclinaison, pas de marques du pluriel, pas de dérivation, … ça ne laisse donc au locuteur ou à la locutrice qu’un seul outil pour préciser la relation des mots entre eux : la syntaxe. Elle est excessivement rigide, marquée par la présence de petits mots-outils qui servent en fait presque de cas. Voici la structure d’une phrase complète (la plupart des membres sont facultatifs et tous peuvent se répéter dans une même phrase) :

Cliquez ici pour afficher le tableau
Phrase
Complément circonstanciel Sujet Prédicat Complément indirect
Phrase ou proposition la la Proposition li li Proposition verbale e e COD Préposition Proposition
Préverbe Verbe Adverbe

Syntaxe de la proposition

Au sein de ces diverses propositions, à une exception près, les déterminants suivent toujours les déterminés. Ainsi, sachant que waso waso signifie « oiseau » et sona sona « connaître », waso sona waso sona signifie « oiseau intelligent » (sona sona détermine waso waso) et sona waso sona waso signifie « connaissance des oiseaux » (waso waso détermine sona sona).

La seule exception sont les préverbes, qui sont expliqués plus bas, et qui déterminent le verbe qui les suivent.

Syntaxe de la phrase interrogative et de sa réponse

Contrairement au français, l’ordre des mots ne change pas dans la phrase interrogative. Il y en a de deux sortes :

Il y a aussi une méthode pour former des questions fermées avec seme seme. Il faut simplement terminer la phrase affirmative par anu seme anu seme?, « n’est-ce pas ? » (littéralement « ou quoi ? ») : waso li moku anu seme waso li moku anu seme?, « l’oiseau mange-t-il ? ». La syntaxe de la réponse est la même que pour l’autre formulation.

Syntaxe du paragraphe

Le toki pona a une particularité : c’est une langue avec très peu, voire pas du tout de recursivité, puisqu’il n’y a pas de moyen de marquer une proposition subordonnée relative. Une phrase comme « je sais que tu sais » ne se traduit pas littéralement, il faut passer par deux phrases généralement liées par ni ni (« ceci »)(7) : mi sona e ni3 sina sona mi sona e ni: sina sona, littéralement : « je sais ceci : tu sais ».

Rôles des mots

Les mots toki pona peuvent se diviser en deux grandes catégories :

Les particules sont les plus simples : elles n’ont généralement qu’un seul rôle. Il en va différemment pour les mots fondamentaux, qui ont tous au moins trois rôles : substantif, verbe et modificateur (qui regroupe les adjectifs et les adverbes). Pour rappel : puisqu’ils sont parfaitement invariables, le rôle qu’ils prennent dépendra uniquement de leur place dans la phrase.

Espaces sémantiques

Les mots fondamentaux n’ont pas, contrairement aux mots des langues naturelles, de « nature ». Ils sont tout à la fois substantifs, verbes, et modificateurs. Mais en fonction de leur place dans la phrase, ils vont avoir un rôle différent. Or, en passant d’un rôle à un autre, il vont pouvoir aussi changer de sens, sans que ce passage obéisse à des règles universellement admises(8).

Pour rendre compte de la liberté d’usage possible de chaque mot, depuis quelques temps des tokiponistes ont développé le principe d’« espaces sémantiques ». Les mots du toki pona n’ont ainsi pas une liste de sens possibles, mais une description d’un pan de réalité qui rentre sous ce parapluie.

Les tokiponistes n’ont rien inventé, et en fait les langues naturelles fonctionnent aussi avec des espaces sémantiques. Les mots, en français par exemple, ont des liens avec d’autres mots, et ces liens sont plus ou moins distandus (merle est lié à oiseau, lié plus lâchement à chat, encore plus lâchement à éléphant et pas du tout à machine à écrire). L’ensemble de ces liens est ce que l’on appelle l’espace sémantque d’un mot. Le toki pona fonctionne différemment en ce que chaque mot se confond avec un espace sémantique. Traduire le toki pona consiste donc à déduire le sens d’un mot en se faisant rencontrer l’espace sémantique du mot avec le contexte grammatical (le rôle) et sémantique (les mots autour) du mot. Ainsi, waso waso occupe l’espace sémantique des réalités qui se meuvent en volant. Mais tout le monde ne partage pas cet espace exact (comme dans les langues naturelles d’ailleurs, les espaces sémantiques sont propres à chaque locuteur et locutrice), certain·es y ajoutent l’idée d’animal et d’autres non.

Dériver le sens d’un mot d’un rôle à l’autre dépendra donc de l’espace sémantique qu’on lui donne. Prenons la phrase ona li waso ona li waso. Dans cette phrase, waso waso occupe le rôle du verbe. Si waso waso occupe l’espace sémantique des animaux volants, alors cette phrase signifiera « il est un oiseau », ou « il transforme en oiseau ». Mais si waso waso occupe l’espace sémantique des réalités volantes, alors il pourra aussi signifier « il vole » ! Si l’accent est mis sur l’animal, alors une autruche (qui ne vole pas) pourra être un waso waso, et un avion, qui n’est pas un animal, ne le pourra pas ; si l’accent est mis sur la capacité à voler, une autruche ne sera pas un waso waso, alors qu’un avion pourra l’être.

Certains mots fondamentaux, cependant, jouent plus de trois rôles. Ils peuvent aussi jouer le rôle de préposition, de préverbe, voire de pseudo-particule. Le lien avec l’espace sémantique du mot fondamental est plus ou moins lâche ; mieux vaut l’apprendre par cœur.

Particules

Les particules sont des mots qui n’ont pas de sens par eux-mêmes, mais qui modifient le sens d’autres mots. Il y en a deux catégories :

Il faut ajouter à ces particules les pseudo-particules, qui contrairement aux « vraies » particules, cumulent au sens grammatical un sens sémantique, et seront étudiées plus bas.

Les « quasi-cas »

Les « quasi-cas », ou particules qui séparent les propositions entre elles en en marquant la fonction sont au nombre de quatre :

Je parle de quasi-cas, je ne sais pas si c’est linguistiquement correct, mais je ne vois pas dans la pratique de grande différence entre l’accusatif à la fin d’un mot (en latin, dans la phrase videt avem, « elle voit un oiseau », on ajoute -em à la fin de avis pour dire que c’est un COD) et une particule avant un mot (ona li lukin e waso ona li lukin e waso, « elle voit un oiseau », où e e est placé avant waso waso pour dire que c’est un COD). Pour moi, c’est la même chose(9).

Malgré ces quasi-cas, l’ordre des mots est contraint. Cela peut sembler être redondant, faire double-emploi (*e waso ona li lukin *e waso ona li lukin s’il n’était pas fautif, serait parfaitement compréhensible grâce à li li et e e(10)). Mon hypothèse est que cette syntaxe est néanmoins utile à cause du fait qu’en toki pona tous les mots ou presque sont à la fois des noms, des verbes et des adjectifs, et parfois en plus des prépositions ou des préverbes voire des pseudo-particules ; et comme ils sont invariables, seule la syntaxe permet de déterminer, dans une phrase donnée, le rôle d’un mot. C’est donc probablement bien une redondance, mais qui, dans les faits, fluidifie la compréhension. Le toki pona est minimaliste, mais pas à outrance.

Les autres particules

Les autres particules sont au nombre de trois :

Prépositions

Il y a cinq prépositions en toki pona :

Comme les préverbes, les prépositions sont des mots comme les autres, pouvant donc aussi, si le sens le permet, jouer le rôle de verbe, de substantif ou d’adjectif. On reconnait que ces mots jouent le rôle de prépositions à leur place dans la phrase (ce qui peut conduire à des ambiguités lorsqu’un de ces cinq mots est utilisé à une place où il pourrait être une préposition ou autre chose ; ça me paraît cependant rare et clarifié par le contexte, je doute que ce soit un problème au quotidien, encore une question qui se clarifiera à l’usage).

Mais les prépositions ont ceci de particulier qu’elles peuvent avoir plusieurs rôles en même temps. Cela évite les répétitions lorsque le verbe aurait été placé juste avant la préposition. Par exemple, tawa tawa signifie « aller » lorsqu’il est un verbe, et « vers » lorsqu’il est une préposition. Mais « je vais vers l’oiseau » ne se dit pas *mi tawa tawa waso *mi tawa tawa waso mais plus simplement mi tawa waso mi tawa waso.

Préverbes

Les préverbes sont des verbes que l’on place avant un verbe pour en modifier le sens, généralement (mais non exclusivement) pour en modifier le mode ou l’aspect (voir les pages Wikipédia liées). C’est une catégorie relativement ouverte, même si dans les faits, seuls sept verbes sont utilisés comme préverbes, c’est-à-dire seulement un de plus (il s’agit de alasa alasa) que lors de la parution du premier livre en 2014. Les voici :

Comme les prépositions, les préverbes ne sont reconnus comme tels que par leur position ; lorsqu’ils sont situés à une place où ils pourraient être des préverbes ou des verbes, la phrase est ambigue. Par exemple, mi kama pona mi kama pona peut signifier « je suis devenu bon » si kama kama est un préverbe et pona pona un verbe, ou « je suis bien arrivé » si kama kama est un verbe et pona pona un adverbe.

Pseudo-particules

Les pseudo-particules sont des mots fondamentaux, qui dans certaines circonstances prennent le rôle de particule. Le wiki sona pona en dénombre cinq :

Formes construites

En linguistique, on dit que les mots ont deux types de sens : les sens lexical et contextuel (je simplifie pas mal). Le sens lexical est celui porté par le mot lui-même, tel qu’on le trouve dans le dictionnaire ; le sens contextuel est le sens porté par un mot dans un contexte précis. Vue l’étendue réduite du vocabulaire du toki pona, l’essentiel du sens sera porté par le contexte plutôt que par le lexique. Mais il y a néanmoins une possibilité pour conférer plus d’importance au sens lexical : l’accumulation de mots. L’exemple classique c’est banane : en toki pona, si et seulement si le contexte ne suffit pas à faire comprendre de quoi l’on parle, on pourra dire « long fruit jaune » (kili palisa jelo kili palisa jelo). On empile les mots pour préciser le sens. Et le sens ayant été donné, le contexte devient suffisant, et il suffit de dire « le fruit ». Je n’en sais pas encore assez pour dire si cela fonctionne de manière suffisamment pratique pour moi, mais j’en ai vu assez pour savoir que cela fonctionne dans l’absolu. Je suis donc très curieux de continuer mon apprentissage.

Le problème, c’est que le premier mot est un substantif, et que tous les autres sont des adjectifs liés au substantif. Ainsi, dans la proposition waso suwi mute waso suwi mute, aussi bien suwi suwi (mignon) que mute mute (beaucoup) sont des adjectifs qui se rapportent au substantif waso waso (oiseau) : la phrase signifie donc « beaucoup d’oiseaux mignons », les oiseaux sont nombreux et mignons. Comment faire en sorte que mute mute modifie suwi suwi et non plus waso waso, pour qu’il n’y ait plus qu’un seul oiseau, mais qu’il soit « beaucoup (= très) mignon » ?

La solution, c’est pi pi. pi pi est un mot qui permet de regrouper des modificateurs. Le mot qui suit directement pi pi reste un modificateur du mot qui précède pi pi, mais les mots qui le suivent déterminent le mot qui suit directement pi pi. Ainsi, waso pi suwi mute waso pi suwi mute signifie maintenant « un oiseau très mignon », waso waso étant toujours déterminé par suwi suwi, mais suwi suwi étant désormais déterminé par mute mute.

Vocabulaire

Cette liste n’est ni exhaustive ni précise, peut-être même pas exacte, elle me sert juste de base de révision. Elle va jusqu’à la leçon 18 de Wasona.

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sitelen pona Toki pona Français Mnémotechniques et notes
aaah ! (marque de l’interjection)
alaalanon, ne pas, pas de
alasaalasaessayer de
anteantechanger ; différent, autreT’as changé, t’es pas comme avant (ante en latin)
anuanuou bien
awenawenrester, attendre, continuer ; continuer deArwen voulait rester en Terre du Milieu mais Elrond voulait la protéger. Mais elle a continué de vouloir rester.
eemarqueur du complément d’objet direct
esunesunéchanger, commercer, vendre, acheter ; marché
ijoijo(quelque) chose, trucIo en espéranto.
ikeikemauvais, difficile, négatif
iloilooutilBen… l’espéranto ilo.
jakijakisale, dégoutant, pourriJacky de l'anime Pokémon
    regarde cette définition en ayant l’air embarrassé.
janjanpersonne, humain
jojoavoir, contenir, inclure
kalamakalamaproduire un son, chanter ; son, bruit
kamakamavenir, arriver, devenir ; commencer à, devenirTo come en anglais.
kasikasiplante, végétal
kenkenpouvoirTo can en anglais.
kepekenkepekenavec, en utilisant, au moyen de ; usage, utilisation
kiwenkiwenun solide dur tel que de la pierre, du bois ou du métal.Comme leur cousin telo telo, kiwen kiwen et ko ko n’indiquent pas l’origine de la réalité nommée, mais la sensation que l’on a en la touchant.
kokosolide mou ou liquide épais ou sableux, tel que de l’argile, de la pâte, de la colle, …
konkonair, âme, essence, significationAir conditionné.
kulupukulupucommunauté, équipe, groupe
lapelapedormir, se reposer
lekolekobrique, blocLego™.
lenlencouverture, vêtement, chaussureLaine.
leteletefroidlete lete, c’est ce qui manque l’été.
lilimarque du verbe
lilililipetit, peuLiliputien.
Contrairement à suli suli, qui peut avoir le sens d’important, ce n’est pas trop le cas de lili lili qui n’est que rarement utilisé pour dire « peu important » (on préfèrera suli ala suli ala) (source).
lipulipuquelque chose de plat pour sona sonaJe ne lis plus.
lonlondans, sur, vrai, présent
lukinlukinvoir, regarderTo look in en anglais.
mamaterre, pays, lieu
manimaniargent, objet de valeurMoney en anglais.
mimije, moiBen… l’espéranto mi.
mokumokunourriture, manger
molimolila mort ; tuer
monsutamonsutachose effrayante ; peurMonstre.
munmunlune, corps célesteMoon en anglais.
musimusis’amuser ; drôle, amusant, intéressantS’amuser.
Attention, ce n’est pas la musique ! La musique, c’est kalama kalama.
mutemutebeaucoup, trèsMulte en espéranto.
nasanasaétrange, peu commun, ridicule, soulL’espace, c’est bizarre.
nasinnasinvoie, façon, tradition, chemin
niniceci, celaLes chevaliers qui disent « ni » exigent ceci, puis cela… c’est sans arrêt.
niminiminom, mot
oomarque de l’optatifRemplace li li dans la phrase.
onaonail, elle, ils, elles, lui, elleOn.
openopencommencer, ouvrir, allumerBen… l'anglais open.
pakalapakalacasser, détruire
palipalitravailler, construireTravail = pas lit.
panapanadonner, envoyer, faire sortirDonner du pain.
pilinpilinressentir ; cœur
pinipinifinir, fermer, éteindre
pipipipiinsecte, petit animal
pokipokirécipientPoke bowl (miam).
ponaponabon, positif, simple
samasamacomme, similaire à, pareil àSama en espéranto.
seliselifeu, chaud, brûler
semesemequoi ?, quel ?
sewisewiciel, haut, dieu
sikesikerond, répétitif, annuel ; cercle, boule
sinsinnouveau, frais ; encore
sinasinatu, toi
sitelensitelenimage, écrire, dessiner
sonasonasavoir, connaître, apprendre
sowelisowelianimal terrestre, mammifère
sulisuligrand, important
sunosunosoleil, journée, jour ; lumineux, clairSuno en espéranto.
supasupasurface horizontaleLà où ou prend le souper.
suwisuwidoux, mignon, sucréC'est suwi-t (sweet).
tantanà cause de, depuis, de la part de ; cause, origine, raison
tawatawaaller, vers, pourToward en anglais.
teloteloeau, liquide finDe l’eau.
Comme ses cousins kiwen kiwen et ko ko, telo telo n’indique pas l’origine de la réalité nommée, mais la sensation que l’on a en la touchant.
tenpotenpotemps, moment, situationTempo en espéranto.
tokitokiparole, langage, parler
tomotomomaison, bâtiment, pièceDomo en espéranto.
utalautalase battre, attaquer
wekawekaloin, absent, partir
wawawawafort, puissant, énergieWaaaaaaaw !
wasowasooiseauBen… oiseau.
wilewilevouloirTo will en anglais.

1 : Si vous utilisez un lecteur d’écran ou un navigateur sans CSS, normalement, le même texte s’affiche ou est lu mais en alphabet latin. 

2 : Je n’ai absolument pas les compétences pour juger du sérieux de l’interprétation par Sonja Lang du taoïsme, vu que je ne l’ai moi-même jamais étudié. Mais elle a traduit le Tao te king de Lao Tseu en anglais et en espéranto, elle connaît donc un minimum son sujet. 

3 : Évidemment, à la seconde où la langue a été étudiée puis utilisée par d’autres personnes que jan Sonja elle-même, l’aspect philosophique s’est brouillé, chacun·e de ses locuteurs·rices ayant ses propres motivations et objectifs. Mais nul ne guérit de son enfance, pas même une langue. 

4 : Je dis « un peu moins » parce que le nombre exact est débattu. 120 environ sont reconnus par tout le monde, une quinzaine assez généralement acceptée, et quelques dizaines proposées mais refusées par la très grande majorité de la communauté tokiponiste. 

5 : Ainsi, dans le lipu pu lipu pu je compte en plus des 120 mots originaux 264 noms de pays et de langues. 

6 : Notamment les évolutions portées dans le deuxième livre officiel, le Toki Pona Dictionary (lipu ku lipu ku), que j’ai mais dont je me suis très peu servi ; au passage, je précise que n’ai pas de livres du lipu su lipu su et, de toute façon, pas le niveau encore pour les lire. 

7 : En sitelen pona sitelen pona, le signe pour « ni » est rotatif (ni, ni1, ni2, ni3, ni5, ni6, ni7 et ni8 se lisent tous « ni ») et peut « pointer » vers ce qu’il désigne, ce que j’ai fait dans l’exemple qui suit cette note. ni3 me semble particulièrement utile justement dans le cas des traductions de subordonnées, et dans mon usage permet d’intégrer le double-point, qui n’existe pas (avec cette fonction-là, il existe mais sert à tout à fait autre chose) en sitelen pona sitelen pona

8 : Le cours que j’ai principalement suivi pour rédiger ce texte, Wasona, propose une méthode de déduction du sens des mots en fonction des rôles de base. Cette déduction est parfaitement régulière, elle n’est donc pas piégeuse ou surprenante, mais elle est complexe et surtout, lorsque une précédente version de cet aperçu de la grammaire a été relu par des tokiponistes chevronné·es, iels ont unanimement répondu que ce n’était pas conforme à leur usage de la langue. Donc, soit j’ai mal compris Wasona, soit cette méthode est une nasin toki nasin toki, une manière particulière de parler le toki pona (un dialecte). Je vais pour l’instant traiter cette méthode comme un dialecte, mais n’hésitez pas à me corriger si je me trompe ! C’est très probable.

Dans ce dialecte, chaque mot a un rôle « de base » ; le sens des autres rôles du mot dépendra du rôle « de base ». Ainsi, un adjectif tiré d’un nom aura le sens de « concerné par » (waso, à la base un nom signifiant « oiseau », signifie « aviaire » en adjectif), alors qu’un adjectif tiré d’un verbe aura le sens de « qualité de ce qui » (sona, à la base un nom signifiant « connaître », signifie « sage » en adjectif. Mis en tableau, les explications de Wasona donnent ceci :

VerbeNomAdjectif
VerbeTransformer en nom
Appliquer nom sur objet
Rendre plus adjectif
NomFait en verbe
Objet crucial à l’action de verbe
Fait d’être adjectif
AdjectifQualité de celleux qui verbeDe nom
Qui concerne nom

Et les exemples valant mille mots :

sona sona (connaître)waso waso (oiseau)pona pona (bon)
VerbeTransformer en oiseauAméliorer
NomConnaissanceBonté
AdjectifSage (intelligent)Aviaire

Avec ce tableau, on voit que si sona sona signifiait « de base » « connaissance » au lieu de « connaître », alors le verbe signifierait « apprendre » (transformer en connaissance). Il est donc essentiel d’apprendre non seulement le mot, mais aussi sa forme « de base » (heureusement, dans la grande majorité des cas, c’est logique). 

9 : Si on veut voir dans ces particules des cas, on obtient ce tableau :

Cas Particule Usage Notes
Nominatifen enPrécède un sujet.Sous-entendu dans la plupart des cas, sauf pour séparer différents sujets d’un même verbe.
Vocatifo oSuit la personne ou l’être interpellé·e.Devient la marque de l’impératif (avec verbe « être » sous-entendu) si placé avant l’être en question (jan pona o jan pona o, « hé, l’ami ! » / o jan pona o jan pona, « sois un ami ! »).
Prédicatifli liPrécède le (pré)verbe.C’est un cas que je viens d’inventer puisque le le « cas du verbe » n’a, à ma connaissance bien limitée, aucune correspondance dans les langues naturelles.
Accusatife ePrécède un complément d’objet direct.
Ablatifla laSuit un complément circonstanciel.Toujours en début de phrase. Pas sûr qu’« ablatif » soit le bon terme, mais ça m’a fait penser à l’ablatif absolu latin.

Et je reprécise que ce système me sert juste à bien comprendre la langue, je suis sûr que ça ne tient pas la route linguistiquement. 

10 : Il y a un exemple où ces « pseudo-cas » permettent un peu de flexibilité syntaxique : quand il y a plusieurs prédicats. En effet, li li lie un et un seul (groupe) de mot(s) à une seule expression verbale, donc quand plusieurs li li se suivent ils peuvent prendre des places différentes sans changer de sens. Ainsi waso li suwi li moku e kili waso li suwi li moku e kili et waso li moku e kili li suwi waso li moku e kili li suwi ont le même sens : l’oiseau est mignon et mange le fruit. Mais je peux imaginer des moments où changer l’ordre des verbes change la nuance, donc de n’est pas non plus une flexibilité gratuite.