Le blog d’Emmanuel Wald

Un blog qui parle bouquins, spiritualité, écologie, geekeries, mais surtout bouquins.

J’apprends le toki pona

25/08/2026 | Catégorie : Langues

Depuis à peu près un mois (je ne saurais plus dire exactement quand est-ce que j’ai commencé), je me suis mis dans la tête d’apprendre le toki pona. Le toki pona est une langue construite, comme l’espéranto que je pratique déjà couramment, mais avec un twist : il n’y a qu’autour de 137 mots. C’est une langue minimaliste, qui nous oblige à décortiquer notre pensée, pour n’utiliser que des concepts généraux pour l’exprimer.

Dans cet article de blog, je ne vais pas décrire la langue : j’ai déjà publié une page de mon dictionnaire sur le sujet. J’essaie d’y résumer la grammaire pour montrer comment on peut essayer de parler de l’ensemble du réel avec seulement 137 mots (plus ou moins), en réorganisant les notes que j’ai prises en apprenant.

Je vais plutôt ici parler de mon aprentissage lui-même. J’ai deux objectifs en apprenant le toki pona :

Ce qui n’était pas mon objectif, mais commence à la devenir, c’est entrer dans une nouvelle communauté. Depuis quelques semaines (car j’ai lu sur le toki pona avant de commencer à apprendre à lire en toki pona), je découvre les tokiponistes et des gens très créatifs et sympas(1). C’est nouveau, mais j’ai un peu l’impression de revivre ce que j’avais vécu avec l’espéranto, mais à plus petite échelle. Je me réjouis d’avance des discussions et découvertes qu’il me reste à faire.

Pour ce faire, j’ai décidé d’utiliser trois outils (décidément, j’ai envie de faire des listes aujourd’hui) :

Le sitelen pona est un peu particulier. Comme il n’y a qu’un nombre réduit de mots, il est possible de créer un symbole par mot. Il y a plusieurs systèmes concurrents, le plus utilisé, et de loin, est le sitelen pona (qu’on écrit sitelen pona en sitelen pona ; toki pona s’écrit toki pona, il y a plein d’exemples dans ma grammaire et même une page Wikipédia sur le sujet). Je n’avais pas, à l’origine, prévu de l’apprendre ; mais Wasona a fait l’excellent choix de toujours mettre, à côté des mots toki pona en écriture latine, la version en sitelen pona. Sans même m’en rendre compte, j’ai commencé à le retenir, et après m’en être rendu compte, j’ai décidé de faire un effort conscient pour apprendre les autres. J’ai donc créé un deuxième deck Anki, et je me suis rendu compte qu’au lieu de rajouter de la complexité, certains glyphes m’aidaient à retenir le sens des mots. C’est une de mes premières leçons pour l’allemand à la rentrée : utiliser des images dans Anki.

Où en suis-je dans ma maîtrise du toki pona après un mois d’étude ? Bien avancé, je dirais. Je dois encore vérifier le dictionnaire régulièrement, mais à part pi que j’utilise peut-être un peu trop, la grammaire est à peu près maîtrisée. Je décode encore beaucoup quand je lis, mais je sens les progrès se faire rapidement. Comme le dit Minalor dans la vidéo déjà citée (regardez-la, elle est bien, même si elle a un humour… générationnel) c’est assez plaisant de voir les étapes d’apprentissage d’une langue défiler à toute vitesse. Mais ça reste de l’apprentissage, donc ça demande du temps et des efforts. Il me faudra à ce rythme des mois avant de cesser de décoder, mais c’est bien mieux que des années pour une langue naturelle ! Le plus gros défi, c’est de traiter les mots avec beaucoup de souplesse. Mon esprit est un peu rigide.

Et qu’en est-il de mes objectifs ? C’est encore un peu tôt, évidemment. La communauté confirme sa coolité (kulupu pi toki pona li pona mute a), même s’il y a aussi, comme dans toute communauté, du drama, et notamment un grand conflit récemment. Pour le reste, je pense avoir bien saisi Anki, et fait des erreurs que je ne referai pas pour l’allemand. Rien que cela vaut les efforts faits. Je n’ai pas encore commencé à utiliser le toki pona dans mes reflexions, mais mon journal (rédigé entièrement en sitelen pona) me permet de prendre du recul sur ma journée, ce qui est très positif, et fonctionne un peu comme une validation de principe (proof of concept) dans mon esprit. J’ai jamais été doué pour tenir dans la durée ce genre de choses, j’espère que cette fois-ci ça sera le cas, j’ai toujours voulu tenir un journal, et je crois que le côté très esthétique du sitelen pona joue un grand rôle dans ma (toute petite) régularité.

En tous cas, je ne regrette absolument pas le voyage, en tous cas pour l’instant. o tawa pona!.


1 : Mais pourquoi aiment-iels tant Discord ? Toutes les communautés en ligne autour de mes sujets d’intérêt ou presque sont essentiellement actives sur Discord, que ce soit les collectionneur·euses de machines à écrire, les geeks chrétien·nes d’Open Source Church, La Bonne Auberge… Ce logiciel est pourtant nul pour l’usage qu’on en fait. Et ce ne sont pas les alternatives qui manquent… Je regrette le temps des phpBB.